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Moi j'y crois!

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Promotion des arts et de la culture.


Didier Pezant : Départ pour le couvent des Caraïbes...

Publié par Christophe Gheeraert sur 22 Mars 2014, 11:46am

Catégories : #Littérature

Couvent-caraibes.jpg

 

Il y a quelques semaines, à l'approche du Salon du Livre de Paris, j'ai demandé à deux auteurs que j'apprécie particulièrement , Denis-Martin Chabot et Didier Pezant, s'ils acceptaient de s'interviewer l'un l'autre... 

 

L'exercice leur a plu et ils m'ont donné leur accord. 

 

A l'occasion de la sortie de son troisième roman, Le Couvent des Caraïbes, Didier Pezant est passé sous le feu des questions de Denis Martin. 

 

didier-pezant.jpg

 

Le Couvent Caraîbes raconte les aventures déjantées d'un père divorcé qui prend la fuite avec ses deux enfants, afin d'empêcher son ex femme, proxénète de son état, de recuper la garde de ses bambins... Il trouve refuge dans un couvent situé dans les Caraîbes avec son ami gay, qui est recherché par des dealers... Petite précision utile, ce couvent est mixte et dirigé par une Mère Supérieure ancienne star du cinéma X... On y croise des stars has been, un détective privé pas très efficace... Et le Pape en personne.

 

C'est irrevérencieux, vous l'aurez compris, teinté d'un humour noir et absurde dont Didier Pezant a fait sa marque de fabrique...

 

Mais je laisse la parole à Denis-Martin Chabot qui nous livre ses impressions sur sa lecture et pose des questions à Didier Pezant... 

 

"D'abord, j'ai lu un roman très drôle.  Je me suis surpris à éclater de rire, ce qui peut être très gênant dans le métro bondé du matin. J'y ai trouvé un humour déjanté, qui excuse des situations parfois trop cocasses pour être très plausibles, mais c'est le propre de l'absurde qu'utilise Didier Pezant dans son roman. Ainsi l'auteur s'offre plusieurs licences littéraires, dont un ordre et un couvent mixtes dans une église catholique plutôt conservatrice, des frères et des soeurs au passé pas très reluisant, un procès pour la garde d'enfants dans lequel un juge choisit une pétasse contre le mari qu'elle réussit à faire accuser sans preuve de pédophilie, un homosexuel pas très déluré qui ne sait pas comment faire la différence entre la farine et de la cocaïne et qu'il fait passer d'un pays à l'autre sans se faire prendre, une croisière qui s'organise sans difficulté alors que d'affréter un tel navire est loin d'être simple... Et j'en passe. Je ne les critique pas, parce que l'auteur finit par nous faire accepter ces écarts. Il nous convainc que ce n'est pas important. On voit que l'auteur a travaillé à fond sa recherche. Il y décrit bien les Antilles et une certaine tranche de la communauté gay, pourtant, il n'est ni antillais ni gay lui-meme. Et il sait nous faire rire, ce qui n'est pas facile de nos jours. Bravo! "

 

Didier, dites nous d'où vous est venue l'idée de ce roman? 

 

Tout d'abord je tiens à remercier la collective des canards et vins blancs du Sud-Ouest et surtout mon complice Christophe Ghéeraert, sans qui ce roman n'aurait jamais vu le jour. L'idée originale est apparue après un magret de canard bien arrosé en 1995. A l'époque était rediffusée une série TV qui s'intitulait "Coeur Caraïbes". Pourquoi nous est  venue l'idée de transposer ce truc sous la forme d'un couvent "mixte" et de l'appeler Couvent Caraïbes? ... Je ne sais plus. Et puis ce qui se passe aux Caraïbes reste aux Caraïbes.. .Quoique...

 

Vous avez fait le choix de l'humour, un humour souvent absurde, Pourquoi? 

 

Vu le postulat de départ, ce choix s'est imposé et était plutôt évident. Et puis, pour que l'on ne me prenne pas au sérieux et surtout pour ne choquer personne (et pour éviter un procès), j'ai choisi de pousser les situations à leur paroxysme dans la dérision et le délire le plus invraisemblable. Dans le genre humour potache, Tom Sharpe reste pour moi la référence et je voulais écrire quelque chose qui en soit digne même si je suis loin de son style. L'avantage c'est que j'ai beaucoup ri en l'écrivant. C'est déjà ça! J'espère que le Pape lira aussi le Couvent des Caraïbes. 

 

Didier Pezant 3

 

Expliquez-nous votre choix de vous permettre des licences  littéraires? 

 

Je pense que si j'avais respecté à la lettre le principe qui veut que tous les éléments se tiennent et soient logiques, alors le Couvent des Caraïbes n'aurait jamais vu le jour. C'est ce qu'on m'a appris en atelier d'écriture ciné. Si je leur avais montré le manuscrit, on m'aurait dit aussitôt "Oui mais comment peut-on faire passer de la coke pour de la farine, franchir les frontières, détourner un navire de croisière, etc... Cela ne tient pas debout jeune homme, voyons! Sortez sur le champ!" Résultat, j'aurais été à la campagne et j'aurais écrit une sorte de script pour un film français chiant si j'avais respecté les règles. (Au passage je pense que c'est pour cela que le cinéma d'auteur français va si mal...) En fait, seul le rythme du récit permettait de faire oublier les incohérences, en prenant le lecteur par la main et en l'entraînant à marche forcée dans l'univers du couvent. J'en ai joué à fond! 

 

Comment expiquez-vous votre choix de faire de Gérard un être plutôt simplet?

 

J'adore Gérard. Il me fait trop rire. Je l'ai volontairement fait passer pour un benêt, tête en l'air, limité intellectuellement, pour rajouter une bonne dose de dérision, mais je voulais qu'il reste attachant. C'était un peu compliqué en fait pour bien le caractériser. Après les premiers jets, mon ex m'a dit qu'elle le détestait, qu'elle le trouvait salace et qu'elle regrettait que ce ne soit pas un personnage plus fouillé. (Ah bon? Tu voudrais qu'il soit introduit plus profondément, lui ai-je dit... Elle a claqué la porte et m'a quitté!). Je me suis dit que j'avais loupé mon truc. Je l'ai donc retravaillé, en mettant le doigt sur son côté simple, sans aller trop mais en rajoutant ses péripéties amoureuses, l'histoire de son minou et une intrigue amoureuse avec Patrick Jyvait. Comme beaucoup de monde, Gérard recherche en fait le grand Amour... L'Amour ça rend benêt, il parait...

 

Et Karen, comment en êtes-vous venu à la créer ainsi? 

 

Quelle harpie cette fille! C'est tout ce que je déteste chez une meuf. Je lui ai collé des tas de casseroles! Je voulais quelqu'un d'insupportable, de totalement antipathique, un vrai ange maléfique qui soit de taille à faire bien souffrir Patrick comme il faut. La faire s'attaquer aux enfants était en plus un vrai délice d'écriture. Il était donc pour moi évident qu'elle collectionne un maximum de tares et de défauts, cupidité, opportunisme, aucun scrupule, pas de coeur, sexe dépravé (même si ça peut être sympa le sexe dépravé...) et surtout commencer par cet hideux accent du sud-est marseillais qui la rabaisse au rang du mollusque! (Je blague, je n'ai pas d'amis marseillais ou alors d'anciens parisiens masochistes.)

 

Vous publiez chez Manuscrit, parlez-nous un peu de cette maison d'édition. 

 

Manuscrit est une petite maison d'édition parisienne. Pour un inconnu comme moi, il est quasiment impossible d'être édité dans un grande maison d'édition. Le marché reste assez cloisonné, c'est pourquoi l'on voit fleurir beaucoup de petits éditeurs et de maisons d'édition participatives qui laissent croire que chacun a sa petite part d'auteur et sa petite chance d'émerger dans ce glacis. Il n'en reste pas moins que le plus difficilé est de séduire ses lecteurs et de sortir du lot. Ce qui nécessite beaucoup d'énergie et d'abnégation, car les petites maisons d'éditions n'ont, pour la plupart, pas les moyens de leurs ambitions. Manuscrit n'y échappe pas, mais offre tout de même l'avantage de permettre au roman de trouver son public par le biais d'une édition papier et numérique. Pour le reste c'est à l'auteur de jouer! (Sauf quand il est fainéant comme moi... )

 

Je tiens à remercier Denis-Martin Chabot pour avoir joué le jeu et repris ses réflexes de journaliste pour poser à Didier les bonnes questions! Merci à Didier Pezant également de répondre à ces questions avec l'humour et la distance qui le caractérisent! 

 

Si cette interview vous a donné l'envie de découvrir l'univers de Didier Pezant, au travers de ce Couvent des Caraïbes, mais aussi de ses romans précédents, "Un chat et une souris" et "J'y suis, j'y reste!", un petit tour sur le site  de Manuscrit s'impose. 

 

Voous pourrez ainsi commander ses livres en version papier et numérique. Et je peux vous dire que vous apprendrez ainsi à appérécier un auteur talentueux et singulier! 

 

Toutes les informations sur le site : http://www.manuscrit.com/mySearch.aspx.     

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