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Moi j'y crois!

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Promotion des arts et de la culture.


Taboo : Rejoignez le club dont tout le monde veut faire partie !

Publié par Didier Pezant sur 6 Octobre 2012, 09:24am

Catégories : #Théatre

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 S'il y a un musical qui revêt une saveur particulière à nos yeux, Christophe et moi, c'est bien TABOO, le musical de Boy George.

 

Alors, lorsque l'occasion m'a été offerte de me rendre au Brixton Club House pour découvrir la nouvelle version de ce musical, je n'ai pas hésité une seconde.

 

Cette nouvelle version, nous l'attendions avec impatience ! Depuis notre rencontre en 2008 avec Christopher Renshaw, le metteur en scène à l'origine du projet, nous savions que le désir de reprendre l'aventure, et de l'améliorer, titillait les créateurs, à commencer par Chris Renshaw lui-même et surtout Boy George. Démarré avec succès en 2002 au Venue Theatre, en plein Soho, le show s'était rapidement exporté en 2003 à Broadway, mais dans des conditions que les créateurs avaient très vite regretté.

 

Cela avait d'ailleurs sonné le glas des représentations. Si bien que, lorsque nous avions proposé le projet d'adaptation française de TABOO à Christopher Renshaw, celui-ci nous avait clairement dit que l'aventure devait se poursuivre, mais pas dans n'importe quelles conditions. Il fallait le bon cast, une salle de spectacle répondant parfaitement à leurs besoins et une histoire retravaillée. Aujourd'hui, voilà qui est fait, tous ces ingrédients sont enfin réunis !

 

Fort de l'expérience acquise il y a 10 ans, l'équipe créative s'est en effet retrouvée au début de cette année et a remis à plat l'ensemble du livret, tout en conservant l'épine dorsale qui avait fait le succès du show londonien.

 

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TABOO, c'est l'histoire de Billy James, jeune adolescent qui veut devenir photographe. Il quitte sa banlieue de Bromley et débarque dans l’univers de la nuit londonienne pour faire la connaissance de celui qui deviendra Boy George, de Philip Sallon, Leigh Bowery et de Steve Strange. Tous ces personnages emblématiques et jeunes se cherchent, veulent être aimés et reconnus. Au fil du show, nous les suivons pas à pas dans leurs années d’insouciance. C'est l'époque du gouvernement Thatcher, celle de la crise, de la drogue et de l’apparition du SIDA.

 

TABOO s’inspire d'abord de l’autobiographie de Boy George «Take Him Like A Man» mais aussi de la biographie de Leigh Bowery, un performer et styliste australien, écrite par son égérie Sue Tilley.

 

Sur scène, nous plongeons dans les nuits londoniennes du début des années 80, où personnages réels et de fiction se côtoient dans une mise en scène de cabaret. Mais lorsque l'on voit TABOO version 2012 et que l'on compare avec le show de Londres, c'est un choc. TABOO 2012, c'est la quintessence idéale de ce qui a été fait a Londres et du meilleur de Broadway. C'est tout d'abord la rencontre avec un endroit correspondant parfaitement à l'esprit du show. La salle du Brixton vous plonge immédiatement dans l'époque au son de hits des années 80 diffusés par un DJ (New Order, Jimmy Sommerville). Dès l'entrée, le lieu est tout petit et donne l'impression d'arriver en boite. Assis aux tables ou au bar, vous pouvez alors profiter de quelques boissons avant le début du show. La configuration de la salle assure parfaitement ce côté intimiste que Chris Renshaw souhaitait apporter à la mise en scène. Il est vrai que l'on se trouve assis à peine à quelques centimètres des comédiens parfois, ce qui est purement jubilatoire.

 

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L'équipe de Taboo avec Boy George et Christopher Renshaw

 

L'histoire a été rendue plus fluide, de subtiles changements apportent désormais une dynamique supplémentaire au show. Par exemple, Le tableau final à été arrangé et l'on n'a plus cette ellipse qui nous emmenait en Inde avec un final sur "Karma Chameleon". Nous gagnons ainsi en cohérence avec l'enchaînement de "Pie In The Sky" et de "Come On In From The Outside". "Dress To Kill", superbe chorégraphie de l'ensemble, apparaît après "Stranger In This World" et avec l'entrée des personnages en boite. La scène de "Petrified" a été entièrement repensée, et change l'image du personnage de Derek (interprété par l'excellent Michael Matus). "No Need To Work So Hard", qui met en scène Josie et Kim avec l'ensemble, a été rajoutée apres "Ich Bin Kunst". Il faut souligner enfin les modifications faites autour du tableau de "Il Adore". Fini le décor de chambre d'hôpital, nous retrouvons Leigh chez Lucian Freud alors que la voix de Big Sue gagne en émotion au moment où l'on met en scène son enterrement. Touchant et brillant.

 

Venons-en au principal, au casting. Celui-ci est tout simplement excellent, frappant de jeunesse et d'envie. Niamh Perry qui joue Kim, démontre un talent incroyable sur scène. Sam Buttery, tout droit sorti du casting de The Voice transfigure le rôle de Leigh Bowery, pourtant créé par Boy George lui-même. Son interprétation sublime ce personnage. Son côté poupin s'ajoute à un talent prometteur et à une rage de jouer la comédie.

 

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Sam Buttery dans le rôle de Leigh Bowery

 

 Paul Baker reprend le rôle qu'il avait créé en 2002, celui de Philip Sallon, qui lui avait valu un Laurence Olivier Award. On sent chez lui une exquise joie de jouer. Sarah Ingram interprète avec brio le rôle de Josie, la mère de Billy et le transporte d'émotion.

 

 

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Paul Baker dans le rôle de Philip Sallon

 

Billy d'ailleurs, joué par Alistair Brammer, est d'une justesse bien supérieure à la version de 2002. N'oublions pas surtout Matthew Rowland qui incarne sans concession un Boy George fragile et en proie à ses démons. Il joue un George parfait et encore plus touchant, dans la tristesse comme dans les accès de colère. Quant à Adam Bailey, c'est une Marilyn encore plus vraie que nature, plus sexy et glamour. Enfin, Katie Kerr est une Big Sue à tomber, tout simplement, elle emmène ce rôle au zénith tant sa voix et son jeu sont magnifiques d'émotion.

 

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Niamh Perry, Matthew Rowland et Alistair Brammer     Adam Bailey

 

Vous l'avez donc deviné, TABOO est tout simplement l'excellente surprise de cette rentrée londonienne. C'est simple, on ne voit pas les 2h30 passer tant l'on vit un merveilleux moment. Et finalement, lorsque l'on voit le dernier défilé Jean-Paul Gaultier à Paris, on se dit que ce show mériterait de ne pas se cantonner qu'à Londres.

 

 

Taboo, le musical de Boy George

Du 7 septembre au 23 décembre au Brixton Club House

Mise en scène par Christopher Renshaw avec Paul Baker, Niamh Perry, Sam Buttery, Matthew Rowland, Sarah Ingram, Adam Bailey, Michael Matus, Alistair Brammer, Katie Kerr, Daniella Bowen, Zeph Gould, Alex Hammond, Jennifer Hepburn, Owain Williams

 

http://www.taboothemusical.co.uk/

 

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