Depuis le 26 novembre 2019, le Dôme de Paris Palais des Sports accueille Siddhartha l'opéra rock, un spectacle qui nous livre l'histoire de Siddhartha Gautama connu sous le nom de Bouddha. Une fresque musicale à l'esthétisme incroyable qui met en lumière le destin d'un homme et ses préceptes qui ont traversé les siècles. 

 

En mars 2019, la presse et quelques privilégiés étaient réunis à la Cigale pour découvrir les premières chansons d'un opéra-rock sur la vie du Bouddha. Des titres qui ont su emporté l'enthousiasme du public présent grâce notamment au cast qui faisait ainsi sa première sortie médiatique.  Toutefois une grande part de mystère entourait ce spectacle, suscitant ainsi de nombreuses interrogations et critiques. 

Comment une équipe, presque inconnue pouvait se lancer dans une aventure aussi ambitieuse? Et de quelle manière le sujet serait traité? 

Désormais, ces questions ne sont plus sans réponse, puisque les représentations ont commencé au Palais des Sports, une salle qui a accueilli tant de comédies musicales. 

Ce nouvel opéra-rock trouve son inspiration dans la nuit de temps. Il y a 2500 ans dans le nord de l'Inde. 

Siddhartha Gautama est le fils du Roi Suddhodhana et de sa première épouse Maya. Maya qui meurt à la naissance de son fils. Le destin de ce bébé est tout tracé, il sera roi, chef de guerre, tous les astrologues et devins du royaume le prédisent. 

Tous, à l'exception de Rama un ermite qui fait une étrange prophétie, Siddhartha sera plus qu'un roi, mais sans royaume. Un guide pour l'humanité toute entière. 

Et c'est ce cheminement que raconte ce spectacle, de son enfance passée dans un palais doré. Entre un père exigeant et l'amour de Gotami, sa belle-mère.  De sa découverte du monde duquel il était coupé, de sa prise de conscience de la pauvreté, de la souffrance, de la maladie et de la mort. 

Ce jeune homme a soif de liberté. S'il fait tout pour contenter son père, allant jusqu'à se marier et à devenir père, au fond de lui sommeille cette volonté de suivre cette quête insatiable de vérité sur la nature humaine. 

Malgré l'amour qu'il porte aux siens, il décide une nuit de quitter le palais.  

Au terme d'un long cheminement spirituel, il finira par atteindre le point le plus élevé de la conscience humaine et deviendra le Bouddha (l'éveillé). Ce guide pour de nombreux disciples, parmi lesquels son cousin Ananda. 

Un destin incroyable, qui a traversé les siècles, dont s'est emparé David Clément-Bayard qui a composé et écrit la cinquantaine de chansons du spectacle et qui interprète Devadatta, le cousin maléfique de Siddhartha. 

Certains des titres à l'instar Seras-tu fier, La vie m'attend, Peut-être, déjà dévoilés et disponibles sur l'album, ont tout pour devenir des hits, indépendamment du spectacle. 

Siddhartha n'est pas un musical classique, pas de textes joués, l'ensemble est chanté. 

On est dans la lignée de ce qu'on appelle les comédies musicales à la française. On pense forcément à Notre Dame de Paris, Les Dix Commandements. Et Siddhartha ne souffre pas de la comparaison, bien au contraire. 

C'est bien écrit. Et les tableaux scénographiés par Magda Hadnagy sont magnifiques. Ils nous transportent dans une Inde ancestrale, dans le luxe des palais de marbre, dans les rues populaires ou dans ces forêts, lieux emblématiques de la méditation. les décors, tout comme les costumes sont somptueux et contribuent à la qualité du spectacle. 

Mais la cerise sur le gâteau, c'est la distribution. Ca chante et ça chante même très bien. 

Les 24 chanteurs, venus d'horizons différents sont excellents. 

A commencer par Inca, qui interprête Siddhartha. Pas simple de devenir le Bouddha. Et pourtant il tient la scène et le public dès son apparition. A tel point que l'on se demande si c'est le rôle qui est fait pour lui, ou si c'est l'artiste qui est fait pour le rôle.

Une voix unique, une présence, il ne devient pas Siddhartha, il est Siddhartha! 

Un Siddhartha qu'il fait vivre de tout son être... Corps, voix et âme! 

Il y a tout juste un an, Axel Hirsoux nous confier dans une e-terview qu'il serait Ananda. 

Lors du show-case, ou dans l'album sorti dans la foulée, rien n'était dévoilé sur ce personnage. 

C'est donc une découverte totale.

Un joli rôle, qui permet à Axel de montrer toute l'étendue de sa voix. Une opportunité de se faire connaître un peu plus du public français. 

Il joue un Ananda, drôle, touchant, parfois en proie au doute, proche de Siddhartha, Ananda deviendra l'un des plus fervents disciples de Bouddha. Un personnage qu'il s'approrie totalement. 

Fabuleux dans les duos qu'il partage avec Inca, l'artiste belge prouve qu'il a toute sa place dans le monde du théâtre musical. 

Mais toute la distribution est excellente. 

Melissa Forton est émouvante dans le rôle de Gotami, celle qui va élever Siddhartha comme son propre fils,  lui donnant tout l'amour que Maya n'a pas eu le temps de lui offrir. 

Sebastiao  Saramago est un Suddhodhana tiraillé entre cette volonté de voir son fils accomplir son destin royal et cet amour qu'il est incapable de lui témoigner. 

Julien Arcuri, qui joue Yasa Vanar, un noble qui apprendra grâce à Ambapali (Camille Millian) que l'Amour ne s'achète pas. Sa voix n'est pas sans rappeler celle d'un certain Daniel Levi. Et il y a fort à parier qu'on le retrouve dans d'autres projets. 

Au total 24 artistes de grand talent, auxquels on peut associer les cascadeurs, dont la présence apportent beaucoup à certains tableaux. 

Un cast à la hauteur des ambitions de ce spectacle, qui livre une belle énergie et dont la complicité est palpable tout au long du spectacle. 

Ils sont heureux de faire partie de cette aventure humaine et ça se ressent. 

Si les amateurs du "Musical" regretteront qu'il n'y ait pas de partie de jeu pur dans le livret, on comprend qu'il s'agit d'un parti pris de David Clément-Bayard. Et finalement ça n'enlève rien à la qualité du spectacle. 

Alors que partout, dans les média, sur les réseaux sociaux, la haine  se déverse sans tabou, les valeurs d'amour, de respect de l'autre et de soi que porte le Bouddhisme font un bien fou. 

En sortant du Palais des Sports, on a cette sensation d'avoir vécu un moment magique qui nous ramène à ce qui fait l'essentiel. 

Rien que pour cela, c'est un pari réussi. 

Siddhartha est un spectacle tout public, à partager en famille. 

A quelques jours de Noël, de la pensée positive, c'est nécessaire!

 

 

Siddhartha l'Opéra Rock, un spectacle de David Clément-Bayard, mise en scène scènographie et création costumes Magda Hadnagy, avec Inca, David Clément-Bayard, Axel Hirsoux, Sebastion Saramago, Julien Arcury, Cédric Chupin, Kael, Benoit Vallicioni, Océane Berland, Melissa Forton, Camille Millian, Célia de la Fontaine, Meddy Saidi, Sébasien Duchange, Dan Azria, Raphaël Nicolaon, Marcellin Laborie, Sébastien Delors, Steve Setianon, Eline Dupraz, Morgane Benzahra, Amy Lerie, Pierre-Etienne Richard, Yassine Aylan, Yara Kasti, Laetitia Kullean, Jessica Hayon, Mehdi Hadim, Nabil Hadim, Leopold HAuvillier, Clément Buzo, Mateo Troianovski, Julien Meynir, Gaetan Couling et Valentin Dubois

Au Dôme Palais des Sports 34 Boulevard Victor 75015 Paris, du Mardi au samedi à 20 heures, Matinée les samedis et dimanches à 15 heures, jusqu'au 5 janvier 2020. 

Site officiel et réservations

Facebook

 

 

 

 

Siddhartha l'opéra rock : La vie du Bouddha racontée en chansons!
Retour à l'accueil