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Moi j'y crois!

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Promotion des arts et de la culture.


Olivier Schmidt nous présente La Dame Sanglante...

Publié par Christophe Gheeraert sur 7 Février 2015, 11:04am

Catégories : #Théatre

(Création de l'affiche Leah Marciano)

 

Olivier Schmidt... Ce nom n'est pas inconnu de ceux qui suivent Moi J'y Crois depuis le début. Il fait partie de ces créateurs que nous prenons plaisir à retrouver au fil de leur carrière et de leurs projets.

 

Alors que sa nouvelle pièce La Dame Sanglante verra le jour dès le 4 mars 2015 au Théâtre Pixel, Olivier a accepté de répondre à mes questions afin de nous présenter cette "tragédie gothique".

 

 

Bonjour Olivier! Merci d'avoir accepté cette interview. Dans quelques semaines, tu vas créer ton nouveau spectacle, La Dame Sanglante, au Théâtre Pixel. Il traite d'un personnage aussi trouble que finalement peu connu du grand public, Elisabeth Bathori. Peux-tu nous dire qui était cette femme?

 

C'est assez compliqué et paradoxal de présenter un tel personnage.

 

L'histoire présente Elisabeth BATHORY avec finalement peu de détail.

 

Elisabeth Bathory. 

 

Comtesse hongroise, elle fut l'épouse de Ferenc NADASDY, auprès de qui elle régna sur la Hongrie Royale. Cette union est avant tout une union stratégique et politique et il n'est nullement question d'amour. Alors que l'invasion turque est annoncée sur le pays, la Comtesse est appelée à régner seule sur son territoire en l'absence de son époux. Cette absence permettra au monde de découvrir "la main de fer dans un gant de velours" d'Elisabeth. Elle se montre sévère mais réfléchie. Elle succombera aux charmes de jeunes hommes avant de connaître la trahison du seul qu'elle aimera véritablement.

 

C'est sur ce point de départ que se sont alors tissées les légendes que l'on connaît. La plus persistante demeure celle de la fascination morbide pour le sang auquel la Comtesse prête des vertus "magiques" lui permettant de garder une éternelle jeunesse.

 

Qu'est ce qui t'a donné l'envie de lui consacrer une pièce?

 

Ce personnage est resté de longues années dans mon esprit. Je me souviens l'avoir découvert la première fois lors de mes études littéraires par le biais de mon professeur d'Anglais de l'époque. Je me souviens avoir été fasciné par l'histoire à la fois tragique et mystérieuse de cette femme. Avec les années, je me suis rendu compte qu'au delà de la légende, il y avait d'autres dimensions fascinantes à explorer chez ce personnage : une féminité exacerbée, la dualité entre les conception du Bien et du Mal, le sentiment de vengeance... Plein de thèmes finalement incroyablement riches et passionnants. Je me suis donc replongé l'été dernier dans différents livres et reportages et tout est venu naturellement. Je savais exactement où je voulais aller, comment je voulais défendre ce personnage.

 

 

Elisabeth Bathory a inspiré la littérature, comme le cinéma. Julie Delpy lui a consacré son film La Comtesse, lui redonnant une part d'humanité et la replaçant dans un contexte politique plutôt trouble... Comment vas tu la présenter dans ta pièce?

 

 

J'ai du faire un choix très net. il fallait absolument que je choisisse un parti pris cohérent avec mon écriture. Pour moi Elisabeth n'est en aucun cas un monstre né. J'ai donc choisi de la placer en victime, en marionnette du pouvoir et de la folie des hommes. Elisabeth ne tue pas d'instinct, on l'y force pour mieux renverser son assise et son pouvoir. Cela permet de donner une évolution passionnante au personnage et par conséquent une palette de jeu très large. Si le rideau se lève sur une Comtesse sage, douce, aimante, elle glisse tout doucement vers une folie de plus en plus extrême.

 

Lorsqu'on s'attarde sur les différents écrits ou films qui lui ont été consacrés, on se rend rapidement compte que chacun s'est approprié ce personnage et en à donner "sa version". Et c'est là que tout devient passionnant : travailler sur l'Histoire avec un grand H en tissant sa propre histoire.

 

Tu qualifies La Dame Sanglante de "Tragédie gothique". Pour quelles raisons?

 

Tragédie, car nous sommes dans la mécanique même de ce que ce mot signifie. Comme dans la tragédie au sens classique du terme, la pièce met en lumières des personnages de rang élevé et elle se dénoue par plusieurs morts.

 

Gothique car c'est résolument le parti pris du spectacle, notamment dans sa conception visuelle. J'ai choisi de travailler sur les symboles, et notamment celui des couleurs. Le décor est uniquement composé de rouge, de noir et de blanc, afin de respectivement symboliser le sang, la mort et l'innocence. Ces trois thèmes sont les fondements mêmes de la pièce aussi devait-on les retrouver "en images". J'ai également travaillé sur les contrastes, avec notamment une influence rock.

 

 

De gauche à droite : Christophe Maniez, Yanis Oudran, Léa Sananès,

Linda Bachammar, Alexandre Mary, Sara Bourre et Thomas Pavic (Crédits photo 

Bruno Autin). 

 

Pour t'accompagner dans cette nouvelle aventure, tu t'es entouré une fois de plus d'une équipe de jeunes talents. Peux tu nous les présenter?

 

Je suis gâté. Quand est arrivé la question du casting, je me suis interdit de partir avec une idée figée des personnages. J'avais envie d'être surpris, de me laisser guider dans l'univers des comédiens que j'allais rencontrer. J'ai donc abordé la cession d'auditions avec une immense liberté avec l'aide de Léa Sananès, qui joue également dans la pièce. Et tu sais que je ne regarde jamais la longueur du CV, je regarde ce que j'ai en face de moi à l'instant donné.

 

 

Et finalement tout a été évident. En tête, Linda Bachammar qui interprète le rôle titre. J'ai tout de suite su que ce serait elle et personne d'autre. Physiquement Linda a la dualité du personnage, femme aguerrie avec une fragilité apparente et ce qu'il faut de folie. Dès la première lecture, je savais que je ne m'étais trompé. J'espère vraiment que cela lui permettra de se faire connaître parce que je me risque à dire qu'elle est parfaite dans ce rôle et qu'elle va surprendre! Aux côtés de Léa et Linda, il y a la troisième femme, la jeune première, Eva, interprétée par Sara Bourre. Ce que j'aime chez Sara, c'est son naturel, il n'y a rien de fabriqué. Elle est profonde et sensible.

 

Côté garçons, on a également une galerie d'interprètes pluriels avec des influences et des parcours très contrastés. Il y a Alexandre Mary, qui joue le rôle d'Emmanuel, qui est un peu notre "Valmont". Il se révèle répétitions après répétitions et donne une belle épaisseur au personnage, lui aussi va surprendre. A ses côtés, Christophe Maniez joue Igor, un domestique bourru mais d'une grande sensibilité. Et en fin nous avons Thomas Pavic, notre pasteur et Yanis Oudran alias Piotr, le personnage clé de l'histoire... Mais je n'en dirais pas plus!

 

Linda Bachammar et Alexandre Mary (Crédits photo Bruno Autin). 

 

 

Moi J'y Crois te suit depuis pas mal de temps maintenant. Tu t'es fait connaître surtout pour tes pièces musicales, Parmi lesquelles "Monsieur Le Musical". Pour cette Dame Sanglante, tu as confié la création musicale à Mark Alberts. Quelle sera la place de la musique dans cette nouvelle pièce?

 

 

La musique est un élément dont je suis incapable de me passer, mais j'essaie de ne jamais m'en servir "gratuitement". Pour moi, elle vient illustrer l'histoire dans ses moments phares ou vient prendre la place des mots que les personnages ne parviennent pas à exprimer. Et là encore j'ai chance d'avoir du sur mesure. Mark Alberts a vraiment saisi l'univers de la pièce et a composé des mélodies avec des influences résolument "Opéra Rock". Cela permet d'amener un élan de modernité ans faire de l'anachronisme facile.

 

Mark Alberts

 

 

La Dame Sanglante sera créée au Théâtre Pixel. C'est une salle qui permet une certaine proximité avec le public. Comment as tu travaillé ta mise en scène pour l'occasion?

 

 

Monter ce spectacle dans une grande salle (sans parler de moyen) aurait été un mauvais choix. Jouer au Pixel permet d'instaurer un huis clos machiavélique. Cela permet de sentir que les personnages sont véritablement pris en otage. Mais je n'ai pas pour autant joué la carte "Petite salle, petits moyens". Au contraire, nous avons réalisé un travail titanesque sur les costumes, les décors et les maquillages. Paolo Domingo nous a offert des robes merveilleuses, Delphine Vasseur a complété par des tenues assez impressionnantes. Côté maquillage, je travaille en collaboration avec Salomé Cea, une jeune artiste talentueuse. Je voulais apporter une identité visuelle forte et je crois qu'encore une fois, je suis comblé!

 

 

Vous devez être en pleines répétitions. Peux-tu nous livrer quelques indiscrétions de ce qui se passe actuellement?

 

 

Nous sommes à J moins 1 mois (NDLR : cette interview a été réalisée le 4 février 2015), à peu de choses près. On a forcément accéléré la cadence, mais nous avons avancé à pas de géants, ce qui nous permets de pouvoir déjà faire des filages. Un luxe! Nous rentrons dans une phase sensible, celle des effets spéciaux... Et notamment l'utilisation du faux sang. Il y a également l'arrivée des costumes qui influent énormément sur les démarches, les attitudes. Mais je ne sens pas l'équipe stressée, au contraire, j'ai l'impression que nous sommes tous dans une énergie follement positive et une envie d'un résultat "bluffant".

 

Il me semble que le texte de La Dame Sanglante a été édité. Comment peut-on se le procurer?

 

Oui tout à fait! Le livre sera bientôt disponible dans plusieurs surfaces de ventes. Mais en attendant une seule adresse : http://www.edilivre.com

 

 

Pour finir, tradition oblige... La question carte blanche. Mais puisque tu es déjà passé par cet exercice, plutôt qu'une question, c'est un espace de liberté que je te propose. A toi de conclure cette interview comme tu le souhaites. C'est à toi!

 

Cette année a été particulière pour moi. Et sans revenir dans les détails, je voulais remercier du fond du coeur les vrais fidèles qui se reconnaîtront. Ceux qui sont toujours là. Je me suis senti grandir de 10 ans et j'ai l'impression avec ce spectacle de faire enfin ce que je veux, sans être pollué ou dévié.

 

Je voudrais donc remercier tous ceux qui font de cette aventure un vrai bonheur du quotidien. Tous ceux qui contribuent avec une pensée pour Jérôme Tomray, le directeur du Pixel qui nous donne notre chance et nous rend éligibles aux "Ptits Molières". Je voudrais aussi remercier CHAT NOIR et tous ses membres (Ils sauront pourquoi) et je vous invite d'ailleurs à aller les voir dans L'Eveil du Printemps au Pixel aussi, vous risquez de vous prendre une belle claque et une belle leçon de talent. Et un immense merci à toi...

 

Merci à toi Olivier pour nous avoir consacré un peu de ton temps! Nous ne manquerons pas de venir vous applaudir.

 

 

La Dame Sanglante, une pièce d'Olivier Schmidt mise en scène par l'auteur, avec Linda Bachammar, Léa Sananés, Sara Bourre, Alexandre Mary, Christophe Maniez, Yanis Oudran et Thomas Pavi.

 

A partir du 4 mars 2015 au Théâtre Pixel 18 rue Championnet 75018 Paris. Les mercredis à 19h45 et les samedis à 21h45.

 

Pour plus d'informations sur la pièce : https://www.facebook.com/pages/La-Dame-Sanglante

Le site du théâtre Pixel : http://www.theatrepixel.com/

Pour les réservations : http://www.billetreduc.com/130407/evt.htm

Olivier Schmidt nous présente La Dame Sanglante...

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