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Moi j'y crois!

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Promotion des arts et de la culture.


L'humour décalé de Tristan Lucas submerge le Théâtre Le Bout

Publié par Didier Pezant sur 1 Novembre 2014, 09:37am

Catégories : #Théatre

 

Tristan Lucas est un nouveau talent de la scène comique française. Jouant d'un humour à la fois provocant et nonchalant, il rencontre actuellement le succès sur scène au Théâtre Le Bout avec son one man show EN DOUCE. Didier Pezant l'a rencontré pour Moi J'y Crois! 

 

 

MOI J’Y CROIS : Bonjour Tristan, vous avez repris depuis septembre votre spectacle EN DOUCE au théâtre Le Bout, qui est à l’affiche jusqu’au 29 janvier. On aimerait en savoir un petit peu plus sur vous. Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a amené à la scène comique ?

 

TRISTAN LUCAS : Comme je parle lentement je vais le faire en 'bullet point' pour être concis :

- Jeunesse heureuse à Caen (joueur au Stade Malherbe de Caen)

 

- Diplômé de lʼESC Rouen (échange en Argentine pendant 1 an et stage de 6 mois au Mexique)

 

- Professeur de français en costard cravate au Mexique (Y tu como te llamas?)

 

- Écriture, réalisation, montage de sketchs et courts-métrages avec La Rigolerie (http://www.larigolerie.com/ ) et diffusés sur Canal+ et TF1

 

- Chargé de production, rédacteur en chef (direction artistique, interview de comédiens) chez Lagardère (Gulli, Canal J, MCM)

 

- Théâtre d’improvisation: Les Ours dans ta baignoire

(https://www.facebook.com/LesOursDansTaBaignoire)


- Depuis février, mon pestacle 'En douce !'

 


MJC : Impressionnant ! On vous sent très à l’aise sur scène dans votre premier one man show EN DOUCE, presque en connivence avec votre auditoire. La relation, justement, avec le public, est-ce que c’est quelque chose que vous avez spécialement travaillé ?


TL : Pas vraiment car j'ai un style nonchalant de naissance. Ça peut dérouter le public quand les gens me connaissent pas mais au final, je suis un gentil garçon. La relation avec le public je ne la travaille pas spécialement. J'aime bien taquiner les gens d'une manière générale et mon expérience d'impro avec ma troupe 'Les ours dans ta baignoire' m'aide aussi.


« Je suis tombé dans une marmite de nonchalance quand j’étais petit. »


MJC : Vous collaborez avec de nombreux autres artistes et vous êtes même à l’origine l’an dernier de soirées scènes ouvertes au Moki Bar. Pouvez-vous nous en parler, notamment comment vous est venue l’idée, et seront-elles reconduites cette année ?


TL : Il y a plein de scènes ouvertes à Paris (5 ou 6 humoristes présentent un sketch devant le public). Mais ça n’empêche, j'avais envie d'avoir un endroit dans lequel je pourrais tester mes sketchs tranquillement.


J'ai lancé le Mokiri (https://www.facebook.com/lemokiri) avant de faire mon spectacle. Je présentais mes 1eres moutures que j'affinais au fur et à mesure. C'est de l'artisanat tout ça !


Ça me permettait également d'inviter d'autres blagounettistes avec des univers très différents. Le public était bienveillant car il savait que c’était une sorte de laboratoire.
Et puis le Moki Bar est un endroit magique ! C'est un bar de quartier comme il n'en reste plus beaucoup (accompagnement de violon sur cette phrase). C'est la grotte de notre troupe d'impro, on y joue tous les 3e jeudis du mois.


Je ne me voyais donc pas la faire autre part.


Je ne l'ai pas reprise cette année car j'ai eu quelques désistements de blagounettistes et de public au dernier moment la saison dernière et ça m'a un peu 'saoulé'.


Mais il se peut que je réorganise ça en 2015... A suivre.

 


MJC : Justement, avec ces scènes ouvertes, certaines rencontres avec d’autres comiques vous ont-elles enrichi et donné des idées ? On a pu voir notamment quelques pilotes d’émission cinéma. Cela vous inspire-t-il d’autres projets solos ou communs ?

 


TL : Evidemment c'est toujours bien de rencontrer d'autres personnes. Il ne faut pas rester en vase clos quand tu fais ce genre d’activités... Bon, c'est un peu con car d'une manière générale c'est pas bon de rester en vase clos.


Mais oui c'est enrichissant de papoter avec des personnes qui ont d'autres parcours, d'autres univers, d'autres envies... Même si parfois, tu n'as pas grand-chose en commun.
Pour les pilotes d’émission, c'est particulier. Comme j'aime bien être indépendant je m'autoproduis et après j'essaie de vendre l’émission. J'ai fait un pilote de documentaire à Hong Kong (http://tristanlucas.fr/au-dos-de-la-carte/) et un pilote d’émission cinéma pour expliquer aux enfants comment tourner des scènes de film. Mais c'est toujours trop ceci ou trop cela pour les chaines de télévision...


J'ai pas mal d'autres idées mais peut-être que maintenant je vais commencer à chercher un producteur en amont. Sinon je vais faire des pilotes jusqu'à 80 ans !


C'est quand même con parce que 'Arrête ton cinéma'  (http://tristanlucas.fr/arrete-ton-cinema/), ça avait de la gueule et ça paraissait intéressant pour les gamins. Au dos de la carte aussi c’était bien, c'est le docu à HK.

 

 


MJC : Pour revenir et terminer sur votre premier spectacle, le public s’aperçoit très rapidement que votre univers est tout à fait particulier, vous traitez notamment de sujets d’actualité, mais sous un angle tout à fait décalé. Comment vous sont venues certaines idées de sketchs ?

 


TL : Il n'y a pas de recettes. C'est en papotant, en lisant, en regardant une connerie à la télé, en divagant dans ma petite tête, une idée surgit et je la note sur mon calepin. J'ai TOUJOURS un calepin et un stylo sur moi. (Bougez pas, je vais le chercher pour voir ce que j'ai noté dernièrement).


Là si je regarde sur mon calepin, voici ce que je peux y lire :


-Je me méfie des végétariens... Hitler était végétarien.


-Certains s'emmerdent à créer des machines pour remonter dans le temps alors que pour revenir quelques années en arrière, il suffit d'aller à La poste.


-Laisser son sac sans surveillance sur la plage de Copacabana, c'est comme laisser sa fille toute seule dans un vestiaire de pédophiles.


Voilà le genre de truc que je note. Il y a du bon et du moins bon. Ensuite, le travail c'est de trier et de voir comment tu peux développer et si ça tient un sketch complet.


Là, par exemple, ça m’intéresserait plus de développer un sketch sur les végétariens que sur La poste. Ce serait tirer sur une ambulance. Et les végétariens tu peux relier avec nos habitudes de  consommations. Mais cette phrase je pourrais également la placer dans un sketch sur les dictateurs. Ca me plairait pas mal...

 

 

 

MJC : Et pour le sketch du SDF?

 

TL : Pour le sketch du SDF qui est dans mon spectacle, c'est en analysant ma réaction et la réaction des gens qui passent devant les mendiants que j'ai décidé d'en parler.


Ensuite il faut trouver LE décalage. Ce qui fait que ce sera TA manière d'en parler.


Je me suis dit que, pour qu'un SDF arrive à récolter plus de sous en faisant la manche, il fallait lui donner des conseils pour mieux se vendre. Je lui ai donc fait une SWOT Analysis (outil marketing qui permet d'analyser une entreprise). Et voilà le résultat (ndlr : Retrouvez ce sketch en bas de l'article).

 

J’espère que les pauvres ont internet pour prendre des notes.

 

Je viens de me rendre compte que je disais au début de l'interview que j’étais un gentil garçon. Les gens vont plus me croire... Le plus simple c'est que vous veniez voir mon pestacle et on ira boire un coup après. Toujours juger sur pièce !


MJC : Eh bien, on viendra ! Merci Tristan.


TL : Merci MJC. La bise.


On espère que cette interview vous aura donné l’envie de découvrir ce nouvel artiste prometteur.

 

 

Retrouvez Tristan Lucas au Théâtre Le Bout 9 rue Frochot 75009 Paris,  tous les jeudis à 20h jusqu’au 29 janvier 2015.

 

http://tristanlucas.fr

http://www.lebout.fr/

 

L'humour décalé de Tristan Lucas submerge le Théâtre Le Bout

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